Une Lutine au pied du sapin

15/12/2012
in Category: Bières françaises
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Une Lutine au pied du sapin

Ah Noël… Ses boules, ses sapins, ses guirlandes. Ses2012_12_15_Lutine_noel_01  cadeaux, ses bougies, sa messe de minuit. Son foie gras, ses huîtres, sa bûche chocolat-marrons. Et ses bières. Oui madame, oui monsieur, la bière est un produit de fête. Avec jolie nappe, couverts en argent, petits plats dans les grands. Bref, un produit de Noël. D’ailleurs, les brasseurs s’en donnent à cœur joie et sont de plus en plus nombreux à vous proposer, tous les ans courant novembre, un brassin spécial pour attaquer la fin décembre tout en douceur.

Mais qu’est-ce donc, au juste, une bière de Noël ? Une bière aromatisée à la viande de renne séchée ? Non. Une bière avec un pétard de papillote cachée sous la capsule ? Non plus. Une bière qu’on laisse reposer au coin de la cheminée pour qu’un vieil homme puisse se désaltérer pendant sa longue tournée ? Toujours pas. Encore que…

“La recette de la bière de Noël aurait été mise au point par le dieu Odin.”

La recette de la bière de Noël aurait été mise au point, selon une ancienne légende nordique, par le dieu Odin. Les Vikings, du coup, à chaque fête de Yule (ou Jól pour ceux qui maîtrisent l’islandais, voire aussi Jõulu en estonien), s’appliquaient à consciencieusement se saouler, histoire de remercier leur divinité pour ce legs sacré. Malgré tout le respect que l’on doit à la mythologie scandinave, la bière de Noël trouve certainement plus son origine dans des considérations très pratiques. Auparavant, chaque automne au nord et à l’ouest de l’Europe, les brasseurs avaient besoin de faire un peu de vide pour stocker les dernières récoltes. Pour se débarrasser des restes, le plus simple était de lancer la production d’une nouvelle bière, dite à l’origine bière d’octobre, puisque l’on débutait le brassage en octobre. Et elle arrivait à maturité pile pour les fêtes de fin d’année. Les brasseurs, par ailleurs, réservaient souvent ces cuvées à leurs meilleurs clients ou les offraient à leurs employés.

De nos jours, les méthodes de conservation ont progressé. Et les brasseurs n’ont plus besoin de procéder à un grand ménage de printemps chaque automne. Mais la tradition de la bière de Noël est restée. Elle s’est même étendue. On en trouve désormais à peu près partout dans le monde, y compris au fin fond du Périgord.

Le Périgord, c’est là qu’est installé depuis un peu plus de vingt ans Johannes Van Strien. Ce citoyen néerlandais a créé sa brasserie, La Lutine, en 2001. D’abord à La Douze puis à Limeuil, à mi-chemin de Bergerac et Sarlat. Il produit 300 hectolitres par an et six bières différentes.

La fiche technique :

  • Nom : Lutine de Noël.
  • Brasserie : La Lutine.
  • Type : ale ambrée / bière de Noël.
  • Teneur en alcool : 8,5 %.
  • DLUO : janvier 2013.
  • Pays : France (à Limeuil, en Dordogne).

À l’œil : couleur acajou. Belle mousse, assez abondante, proche du blanc crème.

Au nez : d’abord un arôme assez fruité, entre la groseille et la mûre. Puis des notes de cannelle et de poivre.

En bouche : les saveurs manquent de puissance. On retrouve plutôt bien la mûre, tout de même. Le final est assez métallique. Peu de longueur en bouche.

Note : 13/20. Pas désagréable mais un peu trop printanière.

On a finalement assez peu parlé de la Lutine dans cette chronique. Pourtant, ce n’est pas la matière qui manque. Promis, on y reviendra en 2013.

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