Joindre l’utile à l’agréable

08/06/2013
in Category: Bières françaises
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Joindre l’utile à l’agréable

2013_06_08_Science_infuse_blanche_01Dans le petit monde de la bière française, la « Science Infuse » est une célébrité. On doit compter, en gros et à peu près (puisque le chiffre est en constante évolution), 450 brasseries dans l’Hexagone. Mais aucune n’a eu un rayonnement médiatique comparable. De « Sud Ouest » (avec cet article ) au « Monde » (avec cet article ci), en passant par de très nombreux autres (et cela par la grâce d’une dépêche de l’Agence France Presse diffusée en mars dernier), presque tous s’y sont intéressés. Pour ses arômes et saveurs ? Non, pas vraiment. Plutôt pour une particularité qui la rend unique : la « Science Infuse » est brassée par des enseignants et des étudiants de l’université de La Rochelle. Et cela pendant leurs heures de cours, dans le cadre d’un master de génie biotechnologique.

“Une approche pédagogique.”

L’idée est lancée en 2000 par Frédéric Sanier, professeur de biochimie à l’université rochelaise. Qui s’en est expliqué dans les colonnes de « Sud Ouest » :

« Au départ, c’était une approche pédagogique, on voulait illustrer une grande filière alimentaire. On aurait tout autant pu faire du fromage de chèvre […] Quand on fabrique de la bière, ça met en œuvre plusieurs disciplines que les étudiants doivent voir pendant leur cursus. La biochimie, la microbiologie, le génie des procédés… »

En 2004, la « Science Infuse » remporte le concours de la meilleure bière estudiantine organisé par l’INSA Toulouse. Et de fil en aiguille, les Rochelais se décident à commercialiser leur production, les bénéfices étant destinés exclusivement à la formation des étudiants.

En 2007, l’Université de La Rochelle franchit une nouvelle étape en créant un DU (diplôme universitaire) d’opérateur de brasserie. En 2012, 48 personnes avaient suivi ce cursus. Une petite vingtaine – 17 pour être précis – avaient ensuite lancé leur propre production.

“Des écorces d’orange, quelques épices.”

Aujourd’hui, l’université est capable de sortir 1 000 litres à chacun de ses brassages. La « Science Infuse » existe en quatre versions : blanche, blonde, triple et triple spéciale. La blanche, dont il est plus particulièrement question ici, est réalisée avec des malts de blé et d’orge. Elle est aromatisée lors de l’ébullition par des écorces d’orange et quelques épices que les brasseurs tiennent à conserver secrètes.

Une dernière chose avant de passer à la dégustation. Savez-vous qu’elle est la devise de la « Science Infuse » ? « Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci. » Ce qui doit signifier quelque chose comme « la perfection, c’est joindre l’utile à l’agréable ». On vous laisse méditer.

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La fiche technique :

À l’œil : jaune très légèrement doré, comme une belle bière blanche donc. Mousse blanche et légère de tenue correcte.

Au nez : arômes de céréales avec une pointe d’orange et peut-être une touche de coriandre.

En bouche : les saveurs sont très portées sur les céréales. Petite note d’amertume.

Note : 12/20 (14/20 après une seconde dégustation). Agréable, facile d’accès. On pensera à en mettre en cave pour les jours d’été, histoire de se détendre après avoir tondu la pelouse. Enfin, quand on en aura une, de pelouse.

Seconde dégustation

Au nez, on retrouve les arômes de céréales avec des touches épicées. Petite pointe d’agrumes, aussi, dans le fond. En bouche, l’attaque est fruitée (abricot encore un peu jeune). Puis elle fait place à des saveurs de pain et de céréales. Amertume douce et agréable (quand même bien prononcée pour une blanche). Longueur en bouche intéressante. Parfaite pour accompagner une bonne fourme. On remonte sa note à 14/20. [Modification apportée le 23 mars 2014. DLUO de la bière dégustée : octobre 2015]

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