De l’amer à boire

19/11/2013
in Category: Bières danoises
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De l’amer à boire

2013_11_19_Mikkeler_1000IBUultramate_01Il est des bières qui font (un peu) peur. Elle est là, sous nos yeux. Depuis longtemps. On passe devant, on tourne autour. On hésite. Dans le fond, peu importe la raison. C’est juste qu’en plus de la curiosité et du plaisir de la découverte, s’ajoute une touche d’appréhension. La « 1000 IBU Ultramate » de Mikkeler tombe justement dans cette catégorie. On a mis une bonne dizaine de mois avant de se décider à la déguster. Pourquoi ? Parce qu’elle est censée être l’une des bières les plus amères du monde.

IBU. Pour International Bitterness Unit. C’est ainsi que l’on nomme l’unité de mesure de l’amertume d’une bière. Elle est calculée à partir de la quantité de houblon utilisée et de sa teneur en acide. Plus l’IBU est élevée, plus la bière est amère. Une douce lager américaine tourne autour de 5 IBU. Un lambic belge peut monter jusqu’à 25, un imperial stout jusqu’à 50. À partir de 150, l’IBU devient difficile à mesurer. Et le palais d’un être humain non bionique ne sent plus les variations. La « 1000 IBU Ultramate » de Mikkeler, elle, va bien au-delà. Elle atteint, en théorie, les 1 000 IBU.

« Mikkeler est une brasserie itinérante. Comprenez par là qu’elle n’a pas de locaux propres. »

Et là, vous allez me dire : pour quoi faire ? On vous l’accorde, dépasser la barre des 150 n’a pas grand intérêt. Mais c’est mal connaître Mikkel Borg Bjergsø, le fondateur de la brasserie Mikkeler. Ancien professeur de mathématiques et de physique, il s’est lancé en 2006. Avec une petite particularité : Mikkeler est une brasserie itinérante. Comprenez par là qu’elle n’a pas de locaux propres. Mikkel Borg Bjergsø et ses associés brassent eux-mêmes leurs bières, mais chez d’autres. Au Danemark et à travers toute l’Europe. Avec toujours la même ambition : s’inspirer et apprendre.

En à peine quelques années, Mikkeler a pris place parmi les meilleures brasseries du monde. Avec la réputation d’innover, sans cesse. Et une idée très précise de ce que doit être l’art brassicole : « Nous voulons brasser des bières qui remettent en cause le concept même de bonne bière. Nous faisons cela en utilisant les meilleurs ingrédients, en travaillant avec les esprits les plus talentueux et les plus créatifs […] Nous pensons toujours à de nouveaux moyens et à de nouvelles idées pour de nouveaux projets […] Nous ne savons pas brasser des bières insipides ».

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La fiche technique :

  • Nom : 1000 IBU Ultramate.
  • Brasserie : Mikkeler.
  • Type : pale ale.
  • Teneur en alcool : 4,9 %.
  • IBU : 1 000.
  • DLUO : décembre 2013.
  • Pays : Danemark.

À l’œil : bière ambrée, trouble, ornée d’une mousse d’un blanc un peu cassé, épaisse et de bonne tenue. Quelques bulles.

Au nez : des arômes un peu moins puissants qu’attendu, mais tout de même agréables. C’est houblonné, bien sûr. C’est aussi assez fruité (agrumes) avec une pointe épicée.

En bouche : attaque sur le pamplemousse, pleine d’agrumes. Puis très vite, une grande vague d’amertume qui écrase presque tout le reste et met un long moment avant de retomber. Assez sèche.

Note : 16/20. Faut vraiment aimer les bières amères. Mais comme c’est notre cas, ça le fait.

On a oublié une petite précision. La bière chroniquée ici est la version light de la 1000 IBU. Mikkeler la propose aussi, dans un packaging différent, avec un degré d’alcool de 9,6 %. [Modification apportée le 20 novembre 2013]

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4 comments on “De l’amer à boire”

  1. Dr Dam dit :

    J’avais bu la « 1000 IBU » (pas ultramate). La couleur est plus claire et c’est très frais en bouche. Par contre, je me rappelle du repas insipide qui a suivi : plus une seule papille vivante ! Définitivement une expérience enrichissante pour initié… ou à faire gouter à des amateurs de Kanter le 1er avril !

    1. le patron dit :

      Mince, j’ai complètement oublié de préciser qu’il existait une version plus forte en alcool de cette bière. Merci du rappel. Pour le côté destruction des papilles, je confirme, ça marche aussi avec la ultramate. C’est fou comme la sauce pesto du repas suivant était amère…

  2. Eleph dit :

    « À partir de 150, l’IBU devient compliquer à mesurer. » L’abus d’alcool nuit gravement à l’orthographe… 😉

    1. le patron dit :

      !!!!!!!!!
      Rien à voir avec l’abus d’alcool, cette chronique ayant été écrite en parfait état de sobriété. Ce qui n’enlève rien à la gravité de la faute. Je corrige de ce pas. Et merci pour ta vigilance. (Mon dieu, j’ai honte)

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