La Grätzer, une blanche qui fume

29/05/2015
in Category: Bières françaises
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La Grätzer, une blanche qui fume

Nos fidèles lecteurs s’en sont sans doute2015_05_25_Haut_Buech_Gratzer_1 déjà aperçus. Ici, les bières fumées sont toujours bien accueillies. Et l’on attend encore l’exception qui viendra confirmer cette règle. On s’attaque toutefois cette fois-ci à une bière fumée d’un nouveau genre, assez éloignée de nos habituelles rauchbiers bavaroises. Voici la « Grätzer », une bière d’inspiration polonaise mais proposée et brassée dans la Drôme par la Brasserie du Haut-Buëch.

« Grätzer », tel est donc le nom de cette bière. Tel est aussi le nom de son style. Une vieille recette inventée à l’ouest de l’actuelle Pologne, dans la ville de Grodzisk Wielkopolski. Où l’on brasse depuis, au moins, le XIIIe siècle. La grätzer, elle, aurait été mise au point une centaine d’années plus tard.

Là-bas, on l’appelle aussi la grodziskie. Le terme de grätzer découle, en fait, de Grätz, version germanophone de Grodzisk Wielkopolski, la cité ayant été prussienne pendant une partie du XIXe siècle. Concrètement, et selon la tradition, la grätzer (le style en général, pas la bière drômoise en particulier) est une bière de blé produite à partir de malts fumés au bois de chêne. Et de houblon Lublin. Pour un rendu, au final, assez léger.

« Unique en France »

Dans son pays natal, la grätzer est peu à peu tombée dans l’oubli. Ainsi, en 1922, il ne restait plus qu’une poignée de brasseries à la proposer. Jusqu’à ce que le régime communiste, privilégiant la production de masse aux particularismes locaux, finisse pour de bon par avoir raison d’elle. Si la grätzer a survécu, c’est d’abord grâce à quelques amateurs polonais. Puis, ensuite, grâce à des brasseurs américains qui lui ont définitivement redonné vie. En France, seule la Brasserie du Haut-Buëch en produit.

La Brasserie du Haut-Buëch, justement, parlons-en. Lancée en 2010, elle est installée à 1150 mètres d’altitude, dans le vallon de la Jarjatte, à Lus-la-Croix-Haute (Drôme). David Desmars, son créateur, se fixe un objectif… disons… élevé : « Donner un sens à vos sens, faire frémir vos petites parois nasales, émoustiller vos papilles gustatives et, avant cela, donner du plaisir à vos yeux ». Rien que ça. Élisabeth Pierre, dans son Guide Hachette des bières, nous apprend par ailleurs que la brasserie est installée sur plusieurs étages. Ce qui permet un passage des liquides de cuve en cuve par la seule force de la gravité. Malin.

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La fiche technique :

À l’œil : bière blanche, un peu jaune. Mousse blanche, fine, abondante et de tenue moyennement courte. Quelques petites bulles.

Au nez : on vous avait prévenus, la grätzer est une bière brassée avec des malts de blé fumés. Résultat : ça sent les céréales, le lard et le fumé.

En bouche : attaque un peu acidulée et citronnée. Puis le fumé débarque et prend toute la place, avant d’être contrebalancé par une belle amertume. La longueur en bouche ? Pas mal, pas mal…

Note : 16/20. Jamais déçu par une bière fumée, qu’on vous disait.

Petit détail intéressant : David Desmars a pris l’habitude de distiller, sur le site de sa brasserie, des propositions de dégustations musicales. En gros : un morceau à écouter en découvrant chacune de ses bières. Pour la « Grätzer », son choix s’est porté sur Hey Love, de Tricky. Et c’est là, en fait, qu’on a perdu le fil de son histoire.

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5 comments on “La Grätzer, une blanche qui fume”

  1. Greg dit :

    Purée presque synchro, c’est mon prochain article!! 🙂 Je ferais un lien vers le votre du coup ! 😀 (psst….j’ai adoré cette bière! ;p )

    1. le patron dit :

      Excellente, n’est-ce pas ?

      1. Greg dit :

        Oooooh oui!!! 🙂

  2. olivier dit :

    On aime l’esprit de David des mars et ses dégustations musicales.

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